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28 ième jour de grève. Aucun incident majeur n’a été noté jusqu’à présent. Ce week-end, les autorités françaises annonçaient que l’état de droit devrait être respecté en Guadeloupe.
Aujourd’hui, la tension est montée, et monte encore sur l'île. Des affrontements ont eu lieu à Gosier et à Sainte Rose.
A Ste rose, le pont de La Boucan a été bloqué par des manifestants. Les gendarmes sont venus en force.  Très vite la situation dégénère. Des affrontements ont lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre.
Au Gosier, les affrontements sont plus graves. Les gendarmes ont fait usage de leur matraque. Au final, 40 personnes sont emmenées en garde à vue. Ils seront libérés en début d’après midi. 10 d'entre eux seront entendus au mois de juin 2009. On note que des manifestants sont emmenés à l’hôpital. Alex Lollia, un des responsables du collectif LKP, s'est ainsi vu délivrer 5 jours d'interruption temporaire de travail.
Pour la première fois, on voit le mécontentement des jeunes qui n’acceptent pas qu’on touche ainsi à leur peuple. Ils sont excédés. Des voitures ont déjà été brulée, à Chauvel.

Il est à noté aussi qu’une des présentatrice et le directeur de Canal 10, une des télé locale qui avait jusqu’à présent était très proche du peuple, en diffusant l’actualité presque en temps réel, ont été eux aussi entendus par les gendarmes.

Le LKP appelle au calme. Elie Domota, le porte parole déclare : «  Nous on ne fait pas de violence. On est debout pour réclamer la justice sociale. On demande plus de respect. »

Selon les autorités, ces arrestations ont eu lieu pour empêcher « l’entrave à la circulation», et ou pour des violences lors de manifestations publiques avec armes». Le préfet essaie de nous expliquer que cette action policière avait pour but la liberté de circulation et non la répression. François Fillon a déclaré que : «On ne doit pas faire de barrages sur les routes, on ne doit pas bloquer les stations-service, ça ne fait pas partie des moyens légaux d'expression ».
On note cependant que lors du barrage des routes par les professionnels en décembre 2008, aucune force de l’ordre n’est intervenue pour empêcher l’entrave à la circulation.

Malgré ce long post, je reste sans voix devant une telle montée de violence. Je suis réellement touchée par le fait de savoir que certains de mes compatriotes ont été matraqués.
J'attends demain.
Je n'ai pas vraiment peur des conséquences ultimes. Aprés avoir entendu différents témoignages, je ne peux qu'avoir confiance dans le changement des comportements, pour un meilleur demain.

Le mot d'ordre du LKP reste: "Jou nou ké mété jounou à tè poko vouè jou." (Le jour où nous abandonnerons n'est pas encore venu)