guadeloupe_rupaireLa Geiko a rencontré un architecte...Un de chez amaverde... Héhé, oui, je sais, j'ai de la chance moua! Donc, voilà les propos recueillis.. C'est tout chaud, et c'est rien que pour vous!!
Au 34ième jour de grève. Vous êtes ce qu’on qualifie de jeune dans ce pays, ou en tous les cas, vous appartenez à la force vive de ce pays.
Quel regard portez vous sur les 33 derniers jours ?

- Je porte un regard triste. Beaucoup parlent alors qu’ils n’ont pas lu les revendications. Et en fait le problème est plus profond que les seuls 200€. Il s’agit d’un regard que le Guadeloupéen devrait avoir sur lui-même.
Et si on regarde plus loin, l’attitude des médias français est elle aussi attristante.  En effet, ceux-ci font croire que les 200€ sont le seul point à débattre, alors q’en réalité, il s’agit d’un ensemble de revendications très différentes.
Une autre chose qui m’attriste. Je voudrais parler de nos élus locaux, Gillot, Lurel, Michaux-Chevry, Marsin. Le premier ne dit rien de concret. Le deuxième donne une version des faits aux médias et une autre aux Guadeloupéens. La 3ième se dirige vers Alliot-Marie afin que cette dernière calme la situation. Le dernier s’interroge sur les futurs actes du premier ministre. Tous doivent parler sous couvert d’un parti politique français qui n’arrive pas à remédier aux maux français et à qui ils rendent compte.
Tous, autant qu’ils sont ont manqué de visibilité sur l’avenir. Ils sont eux aussi responsables de la situation. Ils ont aussi perdu toute légitimité, car leur discours va à l’encontre des besoins de La Guadeloupe. La majorité des Guadeloupéens ne se reconnaît pas dans ces différents discours.

Les médias français ont aussi mis l’accent sur l’aspect alimentaire. Pendant la crise meurt on de faim en Guadeloupe ? On parle également de guérilla, de guerre civile. Pouvez vous nous apporter vos éclaircissements quant aux rôles des médias ? 
- Une guerre civile désigne des affrontements au sein d’une même population, alors qu’ici il y’a un adversaire en uniforme : les forces dites de l’ordre. Il s’agit de désobéissance civile. La population cherche à marquer son refus du rôle dominant de l’Etat.  Il s’agit peut être plus d’une guerre entre l’Etat français et le peuple  guadeloupéen qui au travers de l’ensemble de ces revendications, dit qu’il est capable de s’alimenter, de s’éduquer, de gérer seul un certain nombre de secteurs. A ce niveau, les médias français font simplement leur travail.
Le déroulement du mouvement a été selon moi, bien orchestré. Il est d’ailleurs tellement bien fait qu’on pourrait le retranscrire n’importe où dans le monde.
Durant, et à cause du conflit, personne n’est mort de faim. C’est l’un de ses succès. Tout le monde a été approvisionné, même en petite quantité. Il y en a eu pour tout le monde.
On doit revenir sur les questions à se poser réellement et sur la finalité du combat.

Comment peut on et doit on construire une autre Guadeloupe ?
- Quelque soit le type de construction, on doit commencer par établir un état des lieux, pour ensuite établir un projet, selon des étapes qui mettront en évidence les besoins en compétences, et ensuite des tarifications.On doit se poser la question sur les différents états des lieux pour faire un parallèle avec les besoins vitaux des hommes. Quelles sont les économies à développer pour augmenter les ressources ? Quel est le positionnement à avoir par rapport à la valeur ajoutée ? Faut vendre à l’extérieur le surplus de valeur ajoutée, ou vendre la production brute directement en échange d’autres biens? On peut ramener ce schéma entre la différence entre vendre des cerveaux, ou vendre la production de ces cerveaux. On peut appliquer ce schéma à touts les secteurs d’activité.
En réalité, il existe 3 axes principaux : l’alimentaire, le logement, et l’éducation. De chaque secteur découlera de nouvelles activités. La maximisation de chacun des secteurs, ainsi que des activités annexes, amènera la création de valeur ajoutée et donc de richesse supplémentaire.

Peut-on aisément calquer ce modèle sur la Guadeloupe. Ce modèle serait il en adéquation avec les revendications ?
-Si on doit faire un parallèle avec les revendications du LKP. On peut grossièrement regrouper les revendications en 3 grandes familles que sont le logement, la production agricole, et l’éducation. On va supposer que les autres types de revendications découlent de l’une des 3 grandes familles. A nous de rechercher un équilibre qui sera le notre, par exemple sur la question du foncier, de l’énergie, de la pollution. Donc oui, ce schéma peut correspondre à une nouvelle organisation de la société guadeloupéenne.

Conclusion ?
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La crise a fait ressortir les grands absents de la construction de la société guadeloupéenne. Les agriculteurs ainsi que les enseignants ont déjà su s’organiser pour apporter une ou des solutions quant à la gestion de la crise. On sait maintenant que cette organisation a permis de réconcilier le peuple avec ses 2 secteurs, de les percevoir différemment. On sait aussi que ces différentes organisations de crise perdureront après et correspondent à un besoin réel du peuple guadeloupéen.
Qu’en est il des bâtisseurs ? Ce sont eux pourtant qui sont chargés d'élaborer l'avenir environnemental et urbain dans lequel va évoluer le guadeloupéen.