26 février 2009
25 Fév 09 - 35ième - Hommage à Sony Rupaire
Hier, toujours dans la continuité des manifestations organisées par le LKP, avait lieu à Capesterre Belle-eau, une commémoration de la disparition de Sony Rupaire.
Né le 7 novembre 1940 à Capesterre-Belle-Eau, il poursuivra ses études au Lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, puis à l'École Normale. Il commencera dés lors à écrire ses premiers poèmes. Il deviendra instituteur.
Sony a une vision politique de gauche. A cette époque la situation économique et sociale de la Guadeloupeest dramatique. La départementalisation (1946) n’a pas répondu aux attentes des ultramarins. Le général De Gaulle veut renforcer les pouvoirs des Conseils généraux des départements d’Outre-mer. Des mouvements indépendantistes commencent à se faire entendre et sont violemment réprimés par les autorités françaises.
1954 marque le début de la Guerre d’Algérie où il refusera de se battre, préférant rejoindre l'Armée de Libération Nationale algérienne.
1967 est une année importante dans l’histoire de La Guadeloupe. Une centaine de Guadeloupéens s’est fait tué par les forces de répression. Cet évènement ramène l’auteur sur son île natale. Après un passage à Cuba, il revient en Guadeloupe, clandestinement, jusqu’en 1971, année où il sera amnistié. Il réintègrera l’éducation nationale.
Dés 1971, il participe à la création de différents syndicats ( l'U.T.A (Union des Travailleurs Agricoles de Guadeloupe), UGTG (Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens),
SGEG (Syndicat Général de l’Education en Guadeloupe) et de l'U.P.L.G. (Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe.
On comprend alors l’hommage rendu par le LKP à cet homme de convictions.
Il est aussi très connu pour son recueil de poèmes « Cette igname brisée qu'est ma terre natale, Gran parad ti kou baton ». Ce recueil est paru en langue créole, et en français. Il y exprime son amour pour son archipel, sa fierté d’être guadeloupéen et ses combats pour la liberté.
Sonny Rupaire est mort en Guadeloupe le 25 février 1991.
Il restera sans conteste un poète militant nationaliste qui aura marqué son époque.
J’espère que de là où il est, il est fier de voir le combat mené par le peuple guadeloupéen aujourd’hui.
24 février 2009
24 fév 09 - 34ième jour - Une analyse !
La Geiko a rencontré un architecte...Un de chez amaverde... Héhé, oui, je sais, j'ai de la chance moua! Donc, voilà les propos recueillis.. C'est tout chaud, et c'est rien que pour vous!!
Au 34ième jour de grève. Vous êtes ce qu’on qualifie de jeune dans ce pays, ou en tous les cas, vous appartenez à la force vive de ce pays. Quel regard portez vous sur les 33 derniers jours ?
- Je porte un regard triste. Beaucoup parlent alors qu’ils n’ont pas lu les revendications. Et en fait le problème est plus profond que les seuls 200€. Il s’agit d’un regard que le Guadeloupéen devrait avoir sur lui-même.
Et si on regarde plus loin, l’attitude des médias français est elle aussi attristante. En effet, ceux-ci font croire que les 200€ sont le seul point à débattre, alors q’en réalité, il s’agit d’un ensemble de revendications très différentes.
Une autre chose qui m’attriste. Je voudrais parler de nos élus locaux, Gillot, Lurel, Michaux-Chevry, Marsin. Le premier ne dit rien de concret. Le deuxième donne une version des faits aux médias et une autre aux Guadeloupéens. La 3ième se dirige vers Alliot-Marie afin que cette dernière calme la situation. Le dernier s’interroge sur les futurs actes du premier ministre. Tous doivent parler sous couvert d’un parti politique français qui n’arrive pas à remédier aux maux français et à qui ils rendent compte.
Tous, autant qu’ils sont ont manqué de visibilité sur l’avenir. Ils sont eux aussi responsables de la situation. Ils ont aussi perdu toute légitimité, car leur discours va à l’encontre des besoins de La Guadeloupe. La majorité des Guadeloupéens ne se reconnaît pas dans ces différents discours.
Les médias français ont aussi mis l’accent sur l’aspect alimentaire. Pendant la crise meurt on de faim en Guadeloupe ? On parle également de guérilla, de guerre civile. Pouvez vous nous apporter vos éclaircissements quant aux rôles des médias ?
- Une guerre civile désigne des affrontements au sein d’une même population, alors qu’ici il y’a un adversaire en uniforme : les forces dites de l’ordre. Il s’agit de désobéissance civile. La population cherche à marquer son refus du rôle dominant de l’Etat. Il s’agit peut être plus d’une guerre entre l’Etat français et le peuple guadeloupéen qui au travers de l’ensemble de ces revendications, dit qu’il est capable de s’alimenter, de s’éduquer, de gérer seul un certain nombre de secteurs. A ce niveau, les médias français font simplement leur travail.
Le déroulement du mouvement a été selon moi, bien orchestré. Il est d’ailleurs tellement bien fait qu’on pourrait le retranscrire n’importe où dans le monde.
Durant, et à cause du conflit, personne n’est mort de faim. C’est l’un de ses succès. Tout le monde a été approvisionné, même en petite quantité. Il y en a eu pour tout le monde. On doit revenir sur les questions à se poser réellement et sur la finalité du combat.
Comment peut on et doit on construire une autre Guadeloupe ?
- Quelque soit le type de construction, on doit commencer par établir un état des lieux, pour ensuite établir un projet, selon des étapes qui mettront en évidence les besoins en compétences, et ensuite des tarifications.On doit se poser la question sur les différents états des lieux pour faire un parallèle avec les besoins vitaux des hommes. Quelles sont les économies à développer pour augmenter les ressources ? Quel est le positionnement à avoir par rapport à la valeur ajoutée ? Faut vendre à l’extérieur le surplus de valeur ajoutée, ou vendre la production brute directement en échange d’autres biens? On peut ramener ce schéma entre la différence entre vendre des cerveaux, ou vendre la production de ces cerveaux. On peut appliquer ce schéma à touts les secteurs d’activité.
En réalité, il existe 3 axes principaux : l’alimentaire, le logement, et l’éducation. De chaque secteur découlera de nouvelles activités. La maximisation de chacun des secteurs, ainsi que des activités annexes, amènera la création de valeur ajoutée et donc de richesse supplémentaire.
Peut-on aisément calquer ce modèle sur la Guadeloupe. Ce modèle serait il en adéquation avec les revendications ?
-Si on doit faire un parallèle avec les revendications du LKP. On peut grossièrement regrouper les revendications en 3 grandes familles que sont le logement, la production agricole, et l’éducation. On va supposer que les autres types de revendications découlent de l’une des 3 grandes familles. A nous de rechercher un équilibre qui sera le notre, par exemple sur la question du foncier, de l’énergie, de la pollution. Donc oui, ce schéma peut correspondre à une nouvelle organisation de la société guadeloupéenne.
Conclusion ?
- La crise a fait ressortir les grands absents de la construction de la société guadeloupéenne. Les agriculteurs ainsi que les enseignants ont déjà su s’organiser pour apporter une ou des solutions quant à la gestion de la crise. On sait maintenant que cette organisation a permis de réconcilier le peuple avec ses 2 secteurs, de les percevoir différemment. On sait aussi que ces différentes organisations de crise perdureront après et correspondent à un besoin réel du peuple guadeloupéen.
Qu’en est il des bâtisseurs ? Ce sont eux pourtant qui sont chargés d'élaborer l'avenir environnemental et urbain dans lequel va évoluer le guadeloupéen.
21 février 2009
21 fév. 09 - 33ième jour de grève
21 févr. 09 – 33ième jour de grève.
La Guadeloupe s’apprête à participer à la veillée de Jacques Binot. Cet homme était un syndicaliste de la CGTG. Agéd’une cinquantaine d’années, il était un des membres actifs du LKP. Cet homme a perdu sa vie dans des conditions très floues, en revenant d’une réunion, le 18 fév 09.
J’ose espérer que nous saurons la vérité sur cette balle perdue.
21 févr. 09 – 33ième jour de grève
Le Président de la France est enfin intervenu sur les antennes, afin de s’exprimer devant tous les Français. IL a fait des propositions que nous avons déjà entendues ici, en Guadeloupe. L’état nous propose encore de l’argent, sous forme d’allocations familiales. Nous avons déjà testé cette forme de revenus dans les familles. Non, merci, on en veut plus. Ces différentes aides ont participé à a dislocation de nos familles. De plus, la forme même proposée ne concernera qu’une partie des revenus les plus faibles. En revanche, on attendait beaucoup la réponse sur l’éventuelle exonération de la CSG et de la CRDS. Pasun mot là-dessus. La seule vraie proposition concerne la mise en place d’états généraux, avec la consultation du peuple, visant à une plus grande autonomie. Là encore, le débat actuel ne porte pas sur cette question. Le chef de l’état n’a à mon sens pas compris les revendications portées par les Guadeloupéens.
21 févr. 09 – 33ième jour de grève.
La Guadeloupeest en panne, mais continue de fonctionner.
Certes les grands magasins sont fermés. Mais la population fait preuve de solidarité. Les marchés sont tenus tous les jours. Les commerçants de proximité sont livrés et fournissent la population.
21 févr. 09 – 33ième jour de grève.
Une manifestation a eu lieu à Paris. Elle était organisée par « Continuyté Lyanaj kont pwofitasyon ». Cette organisation représente les domiens exilés en France. Elle a pour but de soutenir les mouvements en Guadeloupe et en Martinique pour lutter contre la vie chère et autres formes d’abus. J’espère avoir de photos très rapidement, de la part de Noug’.
21 févr. 09 – 33ième jour de grève.
Je vis au jour le jour. Même s’il est parfois difficile de s’informer. Des émissions, avec des spécialistes nous expliquent les tenants et aboutissants de différents secteurs. C’est réellement enrichissant.
Je comprends la détresse de certains qui n’ont pas de visibilité sur l’avenir, de notre chère île. Mais, il faut avoir confiance.
La Guadeloupe n’est plus celle des profiteurs : La Gwadloup sé pa ta yo.
16 février 2009
16 Février 2009 - 1iers coups de matraques

28 ième jour de grève. Aucun incident majeur n’a été noté jusqu’à présent. Ce week-end, les autorités françaises annonçaient que l’état de droit devrait être respecté en Guadeloupe.
Aujourd’hui, la tension est montée, et monte encore sur l'île. Des affrontements ont eu lieu à Gosier et à Sainte Rose.
A Ste rose, le pont de La Boucan a été bloqué par des manifestants. Les gendarmes sont venus en force. Très vite la situation dégénère. Des affrontements ont lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre.
Au Gosier, les affrontements sont plus graves. Les gendarmes ont fait usage de leur matraque. Au final, 40 personnes sont emmenées en garde à vue. Ils seront libérés en début d’après midi. 10 d'entre eux seront entendus au mois de juin 2009. On note que des manifestants sont emmenés à l’hôpital. Alex Lollia, un des responsables du collectif LKP, s'est ainsi vu délivrer 5 jours d'interruption temporaire de travail.
Pour la première fois, on voit le mécontentement des jeunes qui n’acceptent pas qu’on touche ainsi à leur peuple. Ils sont excédés. Des voitures ont déjà été brulée, à Chauvel.
Il est à noté aussi qu’une des présentatrice et le directeur de Canal 10, une des télé locale qui avait jusqu’à présent était très proche du peuple, en diffusant l’actualité presque en temps réel, ont été eux aussi entendus par les gendarmes.
Le LKP appelle au calme. Elie Domota, le porte parole déclare : « Nous on ne fait pas de violence. On est debout pour réclamer la justice sociale. On demande plus de respect. »
Selon les autorités, ces arrestations ont eu lieu pour empêcher « l’entrave à la circulation», et ou pour des violences lors de manifestations publiques avec armes». Le préfet essaie de nous expliquer que cette action policière avait pour but la liberté de circulation et non la répression. François Fillon a déclaré que : «On ne doit pas faire de barrages sur les routes, on ne doit pas bloquer les stations-service, ça ne fait pas partie des moyens légaux d'expression ».
On note cependant que lors du barrage des routes par les professionnels en décembre 2008, aucune force de l’ordre n’est intervenue pour empêcher l’entrave à la circulation.
Malgré ce long post, je reste sans voix devant une telle montée de violence. Je suis réellement touchée par le fait de savoir que certains de mes compatriotes ont été matraqués.
J'attends demain.
Je n'ai pas vraiment peur des conséquences ultimes. Aprés avoir entendu différents témoignages, je ne peux qu'avoir confiance dans le changement des comportements, pour un meilleur demain.
Le mot d'ordre du LKP reste: "Jou nou ké mété jounou à tè poko vouè jou." (Le jour où nous abandonnerons n'est pas encore venu)
14 février 2009
14 février 1952 - 14 février 2009
Aujourd’hui se déroule en Guadeloupe une grande manifestation commémorative des évènements du 14 Février 1952, au Moule.
Le carburant manquant dans certaines familles, des cars ont été mis à la disposition de la population, par le LKP, pour ce rendre au Moule. Des historiens seront présents, ainsi que des musiciens, chanteurs et autres artistes. Tout le peuple guadeloupéen est invité à une marche de prés de 1h30. Différents temps forts sont prévus. Suivra une soirée culturelle..
Cette commémoration doit réconcilier le peuple guadeloupéen avec son histoire. En effet, beaucoup ne connaissait pas cet évènement, alors qu'il est commémoré toutes les années. (Mais effacé par la St Valentin)
De part la situation de mobilisation générale actuelle, l’histoire prend toute sa place. Le parallèle est vite fait.
En 1946, est votée la loi de départementalisation. On pense alors qu’elle permettra d’accéder à de
meilleures conditions de vie. Mais il n’en ait rien. Le parti communiste est alors très présent sur la scène politique, avec notamment Rozan Girard. Il est aussi l’homme à abattre du moment, puisque ce leader mène le peuple ouvrier à différentes revendications salariales. A cette époque, les syndicats ne sont pas aussi présents qu’aujourd’hui. Le but est de démembrer la révolte naissante.
Les différentes usines sont en grève en Guadeloupe. Au Moule, les grévistes montent un barrage, pour empécher que la canne soit emmenée à l'usine de Gardel. Les forces de l'ordre sont en place. On assiste, alors à Morne à l’Eau aux tires des CRS sur la foule, sans distinction.
L’évènement fera 4 morts.
Ce 14 février 1952 est un des derniers grand mouvement de grève des ouvriers agricoles.
Il y a eu à cette époque une volonté manifeste de faire perdre le gout de la résistance, au peuple guadeloupéen.
Je ne crois pas que ce goût de la résistance ait été perdu. Même si certains commencent à trouver le temps long, la population se soude, se découvre, s'organise. Beaucoup de gens ré apprennent leur histoire, les compositions sociale et économique de cette société...etc..
La Guadeloupe est en ébullition mouvement...
13 février 2009
Guadeloupe, a la veille du 14 Fév 2009
Les 2 médiateurs, arrivés dans la nuit avec le secrétaire d’Etat Jégo sont toujours en Guadeloupe. Après une première réunion avec le LKP, les médiateurs expliquent qu’ils sont venus rapprocher les parties. Le LKP répond, merci mais on n’a pas besoin de vous pour ça, et libère la table des négociations.
Le LKP demande pourquoi l’Etat français renonce à son pré accord du 08 Fév 2009. En effet, un pré accord aurait été trouvé, entre les 3 parties. C’était juste la veille du départ précipité de Jégo.
Les négociations sont donc au point mort.
Le patronat, via le medef propose bien une augmentation des salaires de 1,6%, avec une prime trimestrielle de 150€. Mais cela ne représente rien par rapport aux 200€ demandés !!
De plus, certains petits patrons se sont réunis. Ils ne se reconnaissent pas dans le discours tenu par le MEDEF Guadeloupe. Ces petits patrons ont rencontrés Le LKP. Eux sont d’accord pour faire un effort sur les salaires, commencent à s’organiser, parlent de coopératives, de créations de GIE. Brèf, tout le monde réfléchit à une réorganisation du système économique guadeloupéen.
Les jeunes ne sont pas en reste. On note ici et là différentes prises de parole de notre jeunesse. Je pense particulièrement aux « Les rebelles », groupe de lycéens qui dénonçait certaines pratiques, bien avant la mobilisation générale.
De son côté, Marie-Galante n’est pas en reste. Un groupement du LKP est né, la bas aussi. Plusieurs journées île morte ont déjà eu lieu. Il faut noter que les prix sont majorés de prés de 30% part rapport à ceux de La Guadeloupe. L’île paye très cher sa double insularité. Il faut trouver des solutions pour l’aménagement de l’île, pour sa jeunesse, pour l’emploi…etc.
Le LKP maintient sa volonté d’aboutissement dans ce conflit, et sa demande d’intervention de l’état. Celui-ci, par le biais du Président annonce la création d’un conseil interministériel pour gérer la crise dans les DOM (La Martinique en est à son 4ième jour de grève, la Réunionentre en mouvement le 5 mars.). Jégo a annoncé aussi que La France entend faire respecter l’état de droit. Cette annonce est à mon avis très mal venue à la veille du 14 Fév, qui est en Guadeloupe, et plus particulièrement au Moule, une date commémorative. En effet, le 14 Fév 1952 des ouvriers agricoles guadeloupéens sont tués par les forces de l’ordre, suite à une grève pour réclamer une augmentation de salaire. A noter que l’histoire s’est répétée en mai 1967.
Différentes manifestations sont prévues au Moule, ce samedi 14 Fév, en commémorations de ces différents évènements.
09 février 2009
Déboulé an konsyans
A Basse Terre, comme à Pointe à Pitre, des manifestants qu’on compte par dizaine de milliers sont à nouveau dans les rues. (70 000 selon les premiers dénombrements)
Il s’agit d’un défilé « an konsyans ». (En conscience, en connaissance de cause) Tous les points stratégiques de l’installation de l’Etat français sont passés en revue, dans les 2 villes. (Préfecture, sous-préfecture, palais de justice, mairie, commissariat, conseil général et régional)
A Pointe à Pitre, à la rue Gambetta, où se trouve la police nationale, les manifestants ont marqué arrêt de 15 minutes.. Un arrêt silencieux, et forcément lourd de sens.
Accompagné au son du tambour, ils ont ensuite continué leur marche, toujours dans le calme vers la place de la Victoire (Elle est baptisée place de la Victoire en 1794 afin de célébrer le triomphe des sans-culottes sur les aristocrates et la fin de l’esclavage)
Sur cette place, on constate la présence de chars. Des chars qui eux aussi arrivent jusque sur la place de
Finalement, le cortège va rejoindre la place de la mairie de Pointe à Pitre, puis le QG qu’est le palais de la mutualité.
Il faut noter que c’est la première fois que La Guadeloupe connaît simultanément une manifestation générale à Basse-Terre et à Pointe à Pitre.
De plus, en Martinique, la mobilisation s’accentue, avec 30 000 personnes dans les rues, aujourd'hui.
08 février 2009
La Guadeloupe, en colère...
Après 20 jours de mobilisation, la dernière négociation a duré plus de 20 heures… Le collectif LKP (Liyannaj kont pwofitasyon ) , et les élus locaux attendaient des réponses pour aujourd’hui, et s’apprêtaient à continuer le travail…
Le temps qu’il aurait fallu.
Mais le Secrétaire d’Etat Jégo a pris l’avion vers Paris, sans mot dire. Les négociation n'auront pas lieu. Le Préfet a dans un premier temps fermé les portes de sa préfecture, pour les rouvrir ensuite, et dire qu’il n’avait aucun pouvoir pour poursuivre les négociations.
La Guadeloupe est choqué par une telle attitude.
Dans une interview donnée par téléphone, Jégo explique qu’il est parti pour aller trouver des solutions en France, afin de revenir avec de meilleures bases de travail.
Mais, voilà. Le peuple est dans la rue, en colère. Le ministre lui a tourné le dos. Les guadeloupéens apportent une grande importance au respect d’autrui. Aux yeux de tous, ici, c’est un scandale. La mobilisation ne peut que se renforcer. D’ailleurs, les élus locaux eux même, en plus du collectif appellent à une île morte, demain.
De plus, sur son passage, La Guadeloupe a réveillé La Martinique, en grève depuis 3 jours, avec son collectif nommé "Collectif du 5 Février". La Guyane se prépare. (En Guyane le mouvement se nomme DKP = "Doubout kon pwofitasyon" (Debout contre l'exploitation) Espérons que la situation des dernières colonies sera à l’ordre du jour du futur conseil des ministres… Quoique ! Qu’est ce mon peuple peut bien attendre d’un ministre, d’un Etat qui lui tourne le dos de cette manière.
Mon peuple est en colère, dans la rue. Même si tous les acteurs en question appellent à la dignité, au calme….. M on peuple est en colère, dans la rue.
Ansanm nou ka goumé, ansanm nou ké gannyé. (Ensemble nous luttons, ensemble nous gagnerons)
04 février 2009
Grève des gérants de stations services: OFF
P. Collet, président du syndicat des gérants de station services s’exprimait hier soir sur les ondes de Radyo tandou. Le Secrétaire d’Etat et le syndicat de gérants de stations se sont rencontrés et ont aboutis sur un accord. Les gérants de station sont donc OK pour rouvrir leur(s) station(s), ce mercredi 04 Fév 2009.
Le nombre de 118 stations est arrêté. Il faut y rajouter les 3 qui sont actuellement en construction. Ces chiffres sont bloqués opur une période d’au moins 3 ans. En effet le marché guadeloupéen est petit, et ne peut en réalité soutenir d’autres implantations de stations services.
Lors de cette négociation, différents points ont été abordés. Par ex, le système des prix encadré est maintenu. Le modèle administratif sera revu, ainsi que le système des cuves privées qui posent un problème sur le plan de la sécurité, et de l’environnement.
L’un des points les plus sensibles étaient l’implantation de stations automatiques qui va à l’encontre de la création d’emploi, dans notre département. En effet, 70 % de la marge effectuée par les stations sont destinés, à la création d’emploi, au maintien de ses emplois. Sans pompistes, les stations automatiques permettent à leurs gérants d’empocher 100 % de la marge. Des contrôles sur les prix des carburants ont eux aussi été prévus. 
Cependant, le syndicat UTPP-UGTG, (Union des Travailleurs des Produits Pétroliers) membre du collectif (Lyannaj kont pwofitasyon = LKP) prévient lui, que le collectif est toujours en grève, et par conséquent, les stations resteront fermées. Mais, en réalité syndicat de gérants et syndicats de travailleurs ont l’habitude de travailler ensemble. C’est tout naturellement que les gérants soutiennent leurs salariés dans leur mouvement contre la pwofitasyon. Donc aujourd'hui, des stations fermées, des stations ouvertes, pour permettre aux Guadeloupéens de montrer leur mobilisation, et aussi de faire le plein. C'est toute la compléxité d'un peuple, et de sa solidarité. Bienvenue, en Guadeloupe.
De plus en plus de petits patrons dénoncent la création du MEG, dont j’ai parlé dans un post antérieur. En effet, les petits patrons n’y sont pas majoritaires, alors qu’ils représentent 80% du tissu économique guadeloupéen. Il faudrait alors créer un organe représentatif du patronat guadeloupéen conforme à la réalité socio économique de La Guadeloupe.
Ma Guadeloupe est en marche, je l'espère...
J'espère récupérér des photos du mouvement bientôt, pour vous les montrer.
01 février 2009
1ier Fév. 2009
Ce 01/02/09, le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer est arrivé en Guadeloupe. Non, il n’est pas en visite, il est venu s’installer, et c’est pas des blagues ! Il est venu régler les problèmes posés par le collectif qui est à l’initiative du blocage de La Guadeloupe.
Les propos tenus par Y. Gégo donnent l’impression que lui a bien compris la lourdeur et la complexité du conflit. Il refuse d’ores et déjà la méthode de travail du collectif selon laquelle les caméras de TV et les radios locales sont ultra présentes. Alors qu’il s’agit d’une des demandes de la population. En effet, l’ouverture des négociations et autres conférences de presse a permis aux Guadeloupéens ne mettre en évidence des réseaux de pwofitasyon (Réseaux de complaisance où les profits de font sur le dos des plus dépourvus), de mettre en lumière les mauvais mécanismes. Selon Gégo toujours, le patronat devra se mettre au travail, avec les autres organisations.
Le secrétaire d’Etat a aussi compris que les Guadeloupéens ne demandent pas d’€ supplémentaires en provenance de la France , mais du respect, une nouvelle organisation de leur société, de vraies réponses aux problèmes posés. Aucune annonce n’a encore été faite. Mais tout le monde pense à une éventuelle baisse de la TVA , la mise en place d’un organisme de surveillance des prix. On attend de voir ce que ce déplacement va proposer à la Guadeloupe.
On peut d'ores et déjà noter la création du MEG (le Mouvement des Entrepreneurs Guadeloupéens).. Hum.. On note simplement. On attend de voir ce que ce nouveau mouvement va proposer, parcequ'il est à l'initiative de Mme Coury, Pste De La CCI de PaP.
Donc Mr Angèle, je ne sais pas si tu es encore patron du MEDEF Guadeloupe, mais c'est déjà bien que tu représentes, le MEG. Je pense que les Guadeloupéens appréciereont, et t'écouteront différemment.
Une pensée spéciale pour Mr Jacky Richard qui est l'auteur compositeur de la chanson d'où est tirée le slogan que tout le monde chante ces jours ci. "La Gwadloup sé tannou, La Gwadloup sé pa ta yo, yo pé ké fè sa yo vlé adan péyi an nou". Je suis pas forcément ok, avec tout ce que peut représenter ce slogan.. Mais, voilà! Quand même, des milliers et des milliers de Guadeloupéens chantent ça chaque jour.







