27 mars 2007
Conflits Sociaux en Guadeloupe, de Braflan-Trobo
C'est par un pur hasard que je suis tombée sur une émission radio de François Farot, avec comme invitée Patricia Braflan-Trobo, sur RFO. Elle a écrit un livre, "Conflits sociaux en Guadeloupe" paru chez l'Harmathan, en février 2007. Elle nous y explique son analyse quant au discours maintes fois entendues selon lequel, il n'y a que des grèves et toujours des grèves en Gwada...Et encore une petite grève de la Générale des eaux, et celle des cliniques, et celle de La Mairie des Abymes, et celle de la Poste, et l'AFPA.. Hum, c'est tout pour le mois de mars... Je tiens mon post !
A des discours trop entendus sur les grèves guadeloupéenes, l'auteur décide d'opposer une étude scientifique, sur le pourquoi de la grève, sur le comportement des patrons mais aussi sur celui des salariés. Les 2 camps ont des positions aussi extrémistes, aussi violentes, les uns que les autres. Mais la position des salariés est la plus visible puisqu'elle touche les hommes et les femmes du "peuple".
De même , les mouvements syndicalistes sont de tous les bords: de l'UGTG (Union Générale Des Travailleurs Guadeloupéens, souvent montré du doigt, lors de Conflits) en passant par La CFTC.
L'auteur va ainsi analyser 2 conflits qui ont marqué les esprits Guadeloupéens: Celui des banques et celui de l'ANPE. Les 2 ont duré 3 mois et sont inconcevables en France. Les grèves de Guadeloupes sont fondées directement dans la tradition de lutte, elle même fondée sur le rapport de classe directement issu de l'esclavage. (Faut bien que ça vienne de quelque part! ) De plus, il existe trés souvent des distances culturelles et géographiques entre les 2 protagonistes. Une distance culturelle, puisque les patrons de grands groupes sont généralement blancs, ne connaissent pas les fondements de la culture Guadeloupéenne. On peut citer l'exemple de ce préfet tout frais venu de France de La Métropole qui, lors d'un communiqué de presse a délibéremment lâché que les Guadeloupéens sont des fainéants.. Tout ça c'était pour motiver les troupes.. Et bien, en Gwada, tout le peuple se sent visé et soutient le mouvement de grève..
Et une distance géographique, puisque bons nombres de décisions sont prises à prés de 8 000KM. D'ailleurs les directions françaises ne comprennent souvent pas comment une résistance aussi forte est possible, face à de si petits syndicats. Alors le patronnat français va mettre en place toute une culture de l'évitement, afin de fatiguer les salariés... Hum.. Ouais, mais ça, ça marche pas en Gwada. Là où les ouvriers fançais reprennent le travail, les travailleurs guadeloupéens campent plus sur leur position. D'où la longueur des grèves.
Enfin, L'auteur conclue l'interview en disant que la grève est un moyen d'expression, dans un cas comme dans l'autre.... Ouf'... Merci M'dame Braflan-Trobo.. tu me confirmes que ce peuple en mal d'identité, à fleur de peau est un peuple qui se cherche, peut être mal, mais qui cherche à exister et à s'exprimer...
27 février 2006
Pourquoi me tutoyez-vous? _ Bouquins!!
Ca fait longtemps que j'ai pas lu un livre qui sort un peu de l'ordinaire, ou ça fait lontemps que j’ai pas lu du tout, je crois !! . Je l'avez bien vu à plusieurs reprises, ce Me Ursulet, à la TV..
Et puis, je m'étais dit : « Bon, j’aurais le temps de lire son bouquin. »
Et bien, voilà, c'est fait.
Alex Ursulet a été victime de policiers qui ont clairement violé ses droits : menotte, procédure non respectée... Dans un livre critique, mais qui se veut objectif et mesuré, l’avocat d’origine martiniquaise raconte sa mésaventure. Il rapporte également des témoignages édifiants et dispense de précieux conseils pour ceux qui sont arrêtés, humiliés ou violentés par les forces de l’ordre. Un ouvrage plus que d’actualité.
Pourquoi, c’est dans ma Gwada à moi ? Parce que cette histoire peut arriver à n’importe qui, quelque soit l’origine, il cite des exemples de blancs, profs, ouvriers, à qui il arrive la même chose. Aussi, parce que c’est arrivé à un frère martiniquais, et que quand on me connaît, on sait que frère martiniquais, c’est pas juste une figure de style !! Et puis surtout parce que j’aime les livres, ceux de mon île, les autres.. On aura le temps, d’en reparler, des livres….
26 janvier 2006
Ama MAZAMA
Alors, voilà, j’ai regardé hier soir une de mes émissions favorites : B. World connection. L'émission était consacrée à Mme Ama Mazama. Elle enseigne « les études africaines », depuis 18 ans aux US. C’est une militante du mouvement afrocentrique.
Dans ses différents ouvrages, dont « Langues et identités en Guadeloupe »,(1997), ou encore « L’impératif afrocentrique, » elle pose les problèmes de l’identité culturelle noire et de la suprématie blanche.
Pour elle, notre identité de noirs en Guadeloupe est une identité africaine. Pour elle avoir une culture guadeloupéenne ne veut rien dire. La Guadeloupe reste une base, une terre d’accueil. L’Afrique est notre berceau.
Pour elle le créole est une langue africaine et non pas un dérivé du français, comme beaucoup de linguistes le soutiennent. Il faut dire qu’à l’époque des premières études sur le créole, on disait que les esclaves n’avaient pas les capacités physiques (lèvres trop charnues !) pour prononcer les mots de la langue française, que leur cerveau était trop petit !!
Selon, elle toujours, les enseignants ont une grande responsabilité, puisque ce sont eux qui cultivent l’esprit des futures générations. Lorsqu’on vient à parler de la délinquance vécue par la société guadeloupéenne, aujourd’hui, Ama Mazama accuse les parents d’avoir trahi leurs enfants, en acceptant l’éducation des occidentaux, et en oubliant les valeurs africaines.
Le problème est donc de vivre avec et dans un monde moderne, sans oublier d’où on vient, ce qu’on est.
Les Antillais sont des africains déportés, à qui on impose des règles occidentales de vie occidentale. Le reportage se poursuit. Elle explique la philosophie africaine. En Afrique, on vit en communion avec la nature. On ne détruit pas la nature. La vie est au cœur de l’africain. L’homme a la responsabilité de perpétuer la vie humaine, animale et végétale.
Elle explique ensuite la philosophie de Marcus Garvey, le père du nationalisme noir.
Elle conclue enfin sur le fait qu’il faut que nous soyons conscient de la force qui est la notre. Il faut agir en sachant d’où on vient et où on va, être toujours en situation de contrôle.
Et moi, et moi.. Et bien, ça m'a fait pas mal réfléchir tout ça. Donc, ca tombe bien puisque c'est le mois de l'Afrique, en Guadeloue, je vais me renseigner, lire, poser des questions sur ces fameuses traditions africaines qui sont les notres! Suite au prochain post afrocentrique!!
Ma Gwada, côté Afrique !







